Il faut que ça change...

J'ai été de mauvaise humeur toute la matinée. Parce qu'il fait horriblement froid, que je ne m'en suis rendue compte qu'une fois dehors et que, par conséquent, j'ai grelotté toute la matinée avec l'écharpe jusqu'aux yeux. Parce que je suis fatiguée alors que j'arrête pas de dormir, que mon bac blanc approche et que je n'ai révisé autant que je l'aurais voulu à ce stade là. Parce que tout pousse à penser que je suis bel et bien malade, et ma gorge peut aussi en témoigner. 

Quand je suis sortie du bus, vent et froid en pleine face, je me suis dis qu'il fallait à tout prix que je rentre "à la maison", et le plus vite possible. J'ai alors pensé aux gens qui n'avaient pas de "maison". Je me suis imaginée une personne, assise par terre, juste au coin de la rue. J'ai ralenti ma cadence, et j'ai commencé à imaginer un millier de scénarios. 

Déjà, je me suis imaginée courir jusqu'à chez moi et ramener des boissons chaudes à ces gens assis par terre. Je me suis dis que, si j'avais réellement croisé un SDF à cet instant, je lui aurais donné de l'argent, alors que ce n'est pas dans mes habitudes. J'ai imaginé une famille dehors, avec des enfants, tous agglutinés les uns sur les autres pour récolter un peu de chaleur. Je me suis revue, ce matin encore, en train de me plaindre de mon manteau qui ne me plaisait plus, et je me suis trouvée égoïste, égocentrique. 

Je me suis dis que c'était pas normal que des gens "aient tout" alors que d'autres "n'ont rien". J'ai pensé aux inégalités grandissantes qu'il y a en France, des inégalités qui ne devraient pas exister. Ensuite, je me suis souvenue d'une vidéo que j'avais vu sur un blog ( je vais la chercher dès que j'aurais fini d'écrire ). Cette vidéo parlait justement, des frontières qu'il y avait en France entre le monde des gens qui possèdent et celui de ceux qui ne possèdent pas. Cette vidéo m'avait beaucoup interpellée à l'époque, je m'étais sentie très mal à la fin. Comme si elle m'avait foutue une gifle en pleine gueule, gifle que j'aurais plutôt méritée. 

Le pire dans tout ça, c'est que si on le voulait vraiment, on pourrait faire changer les choses. Certes, cela demanderait pas mal d'organisation et de sacrifices, mais je suis certaine que si tout le monde y mettait du sien, cela serait possible. J'ai regardé au loin tous les immeubles qu'on construit dans ma ville, et je me suis dis qu'on pourrait y loger ces gens. Certes encore une fois, cela serait très compliqué car les factures ne peuvent pas rester impayées et encore pleins d'autres problèmes qui se poseraient alors, mais on pourrait trouver des solutions à tout ça. 

Cela parait totalement impossible d'entendre à la télévision que des gens meurent de froid dehors, à notre époque, et avec le niveau de confort que nous avons ! 

Une fois chez moi, j'ai allumé la télévision, et je suis tombée sur M6, où, comme par hasard, il y avait des reportages sur les gens mal logés. Des chiffres beaucoup trop élevés évidemment. Il y avait aussi un reportage sur une femme qui avait vécu dans la rue et qui vivait maintenant, tant bien que mal, dans une caravane à l'emplacement n°56 d'un camping...

Je suis là, à dire des belles paroles et pourtant, la vérité c'est que je suis sur mon lit, la couette sur les genoux, bien au chaud à ne rien faire... 
Je pense qu'on oublie trop facilement ces gens, c'est trop facile de lever la tête en marchant et de ne pas les voir sur le sol... 

J'aime tout particulièrement la fin de cette vidéo qui s'achève sur "Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à 2 ans, plus personne ne soit obligée de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid.", je vous laisse deviner qui a fait cette belle promesse. Ca laisse perplexe.
J'espère bien qu'avec les nouvelles élections, les choses changeront pour ces personnes, il serait temps que la roue tourne un peu...

Je vous laisse la vidéo en question, j'ai réussis à mettre la main dessus.


note : j'espère que la vidéo vous touchera autant qu'elle m'avait touché et me touche encore... 
Je sais que mes "rêves" paraissent jolis sur le papier, mais j'ai tout à fait conscience que ce n'est pas aussi simple que ça de changer tout un monde...
Aussi, je n'accuse personne, ce n'était pas du tout le but de cet article, je suis la première à ne rien faire, donc ce n'est pas moi qui vais aller vous jeter des pierres...

9 commentaires

  1. Fais du henné! Lush ont un super henné rouge qui t'irai je pense! Henné = soin, bien loin des colorations chimiques donc ;)

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  2. tu parles d'hollande non dans l'article :) ce benet a signé le contrat social de la fondation Abbé Pierre, bien sur non sans interet! Quand il sera élu je suis PERSUADEE quil s'en foutra bien de tout ca! C'est ca qui m'énerve chez lui il prone le social, mais on sait bien que dans la merde actuelle c'est que mensonge! Il pourra jamais le mettre en place ...

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  3. c'est vrai que cette vidéo nous donne une bonne gifle ! Mais on est bien tous pareil, on trouve ça abairant, pas normal mais on ne fait pas toujours grand chose pour que ça change !

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  4. Vivant sur Lille, je suis confrontée tous les jours à la misère. Je croise des gens assis par terre et intérieurement je pense "ils se ressemblent tous". Mais je passe à côté d'eux et je les ignore. C'est plus facile pour moi. Comme c'est dit dans la vidéo, je suis responsable.
    Ce qui m'interloque moi, c'est qu'on pense à eux l'hiver quand il fait -10 degrés et qu'on a froid à nos pauvres mimines. On se dit "pauvres gens vivant dehors". On devrait pas y penser seulement à ce moment là.
    Ce sont des êtres humains. Laisser des êtres humains, des personnes, avec une identité, un passé, un nom, vivre dehors dans l'indifférence générale et à côté de ça, incriminer d'autre pays de crime contre l'humanité relève de l'hypocrisie et de la bêtise pure et noire.
    Oui je me révolte. Pourtant, je ne ferai rien non plus.

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  5. Touchant et authentique, comme à ton habitude... :-)

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  6. Cette vidéo est très dérangeante. Je ressens la même culpabilité à chaque fois que je passe devant un sans-abri, et je me dis toujours qu'il faudrait que je fasse quelque chose, que je devienne bénévole dans une quelconque assoc, je sais pas moi... Mais bon, je fais rien de tout ça, alors pour me donner bonne conscience je donne 2 euros au mendiant et je m'en vais toute contente de moi, alors que ce que j'ai fait n'est rien comparé à ce que je pourrais faire.
    Effectivement on est vraiment tous des salauds.

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  7. Moi aussi je pense à m'engager dans une association, mais je finis toujours par me dire que je suis conne de penser ne serait-ce que pendant un instant que j'aurai assez de dévouement et de courage pour le faire. (c'est un raisonnement complètement con, qu'on se le dise)

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  8. Ton article m'a fait pensé au livre No et Moi de Delphine de Vigan. J'sais pas si t'en as déjà entendu parlé mais c'est l'histoire d'une fille, surdouée, qui doit faire un exposé sur les sans-abris et elle va interviewer une jeune SDF. Il a été adapté en film et je trouve qu'il est bien fait donc si tu as l'occasion de le voir...

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  9. Ah, ben peut-être que tu préféreras le livre alors (ou pas, mais le livre raconte plus de choses que le film...à toi de voir:) )

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