Désillusions ?

Article un peu en retard puisque j'avais prévu de l'écrire ce weekend, mais ne vous inquiétez pas, j'ai bel et bien survécu à ma première semaine de fac. Durant cette première semaine, j'ai eu des cours et des journées variées et je pense être en mesure de vous donner un avis plus "constructif" que dans l'article précédent.

L'établissement en lui-même est très propre et bien aménagé, le cadre est agréable et je n'ai aucun reproche particulier à faire. Le premier problème qui se pose : le transport. J'ai environ deux heures de transport par jour, ce qui est assez éprouvant on dire. Chaque soir, je suis obligée de faire un long calcul pour savoir à quelle heure je dois prendre mon bus pour que je puisse prendre mon premier train à une heure qui me laisse une petite marge d'avance au cas où il y ait un problème dans le train et le métro qui suivent. Je peux ensuite calculer l'heure à laquelle je dois me lever, soit deux bonnes heures avant le début du premier cours. La joie. Je fais désormais parti de ces gens pressés qui marchent très vite dans les couloirs des gares et qui montent/descendent les escaliers dans les escalators au lieu d'attendre tranquillement sur une marche. Ma pudeur s'en est également allée, moi qui auparavant refusait de m'asseoir à côté des gens dans les transports au commun, je me suis avouée vaincue. 

Côté socialisation, j'ai été assez surprise de ma réaction. J'entrais dans cette fac avec comme petit challenge de vaincre ma timidité, mais je me suis rendue compte que ce n'était pas ma timidité qui mettait cette barrière entre les gens et moi. En réalité, c'est juste que je n'ai pas envie de discuter avec les gens. Je me suis tout de même fait des amis, mais ce n'est pas non plus l'extase. Au fond, je sais très bien qu'il y a très peu de chance que l'on se voit en dehors des cours et que nos discussions s'étendent à des sujets autres que les cours de maths. Le fait d'être totalement anonyme fait que je m'en fiche totalement. Les gens sont gentils, on s'échange quelques mots mais je n'ai rien à leur dire de plus. On n'est pas pareils. J'ai néanmoins essayé de faire des efforts aujourd'hui parce que je sais très bien que la solitude n'arrangera rien à mon cas. Alors je souris, je mets du blush pour avoir l'air de bonne humeur et les gens discutent avec moi et retiennent mon prénom. 

Enfin, le problème qui a causé cette déprime post-rentrée, et bien ce sont tout simplement les cours. Je m'étais déjà préparée à ce que le niveau soit élevé, je m'étais préparée à devoir fournir beaucoup plus de travail, mais je suis tout de même tombée des nues. Je suis passée d'un stade où j'assimilais très rapidement les cours à un stade où je ne comprends pas et où je peine à suivre. Je le vis très mal psychologiquement. J'étais habituée à faire parti des premiers de la classe et je me retrouve en bas du podium, déclassée. J'en viens presque à me demander ce que je fous là-bas et si mon dossier ne s'est pas retrouvé par erreur dans la pile des admis. Et si j'avais visé trop haut ? J'ai peur de m'être trompée de voie, de rater mon année et je me demande parfois si je ne suis pas arrivée au bout de mes capacités. J'espère me tromper. 
Je devrais certainement travailler plus que les autres, mais j'espère que mes efforts paieront. J'essaye de me motiver et je me dis qu'avec du travail, tout est possible. 

Ces difficultés m'empêchent néanmoins d'apprécier cette filière. J'ai du mal à m'intéresser à ces choses que je ne comprends pas. Je décroche au bout d'une heure de ces amphis où je ne vois pas le jour et où les sièges martyrisent mon postérieur. Je note bêtement, sans comprendre, sans même prendre le temps de réfléchir un petit peu. Je trouve les cours en amphi inutiles puisque le professeur n’interagit pas avec l'élève. Il récite son cours, tu notes ce qui te semble important et c'est tout, ça ne va pas plus loin. Autant nous envoyer le cours par mail franchement parce que c'est du temps perdu pour tout le monde. Je perds donc trois heures de mon temps à copier un cours qui me prendra de nouveau trois heures au minimum à assimiler chez moi. Ridicule quoi. Comme il y a des jours où je finis tard, je n'ai pas le temps de tout revoir et j'accumule déjà des lacunes. 

Je n'ai pas dit tout cela à ma mère, je me suis simplement contenté de lui dire que c'était difficile. Elle dit que c'est une question d'adaptation. Ils disent que c'est normal, que c'est différent du lycée et que je dois tout simplement trouver mon propre rythme. J'essaye de me persuader que c'est le cas. 

5 commentaires

  1. C'est normal que ce soit dur au début. Tu vas peut-être t'adapter avec le temps..

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  2. J'ai connu toutes ces impressions, ces sensations moi aussi, à différents moments de mon parcours. Je ne peux que te souhaiter bon courage, car il faut beaucoup de force mentale pour vaincre tout ça. Mais je ne doute pas un instant que tu puisses y arriver:)

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  3. Déjà, je pense que tu devrais commencer par te calmer parce qu'après une semaine de cours, en venir à se demander si tu t'es pas trompée de voie, c'est déjà assez alarmant sur ton état de stress. Ensuite, pour les cours en amphi, ce n'est pas une surprise... Personnellement j'ai cours qu'en classe (même si je suis à la fac) et je n'ai eu qu'un seul cours en amphi depuis ma première année : j'avoue qu'on est moins enclins à suivre. Pas parce qu'il n'y a pas d'interactions mais à mon goût parce qu'on a l'impression d'être noyé parmi 200 autres fourmis. Donc je suis l'avis de ta mère, c'est qu'une question d'adaptation. Et contrairement à ce que tu penses, ce n'est pas pareil qu'un mail car l'étape de l'écriture est la première étape de mémorisation ! :)

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  4. Aucune fac publique de Paris n'est sélective...

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  5. Tu as développé tout ce que nous faisons et pensons actuellement en tant qu'étudiant. Encore une fois ça reste rassurant de savoir qu'on ne sera jamais les seuls dans telles ou telles situations (perso je rajouterais aussi les job à mi-temps qui font que là, tu n'as vraiment plus d'existence). Finalement plus les semaines passent et plus tu te rendra compte que les cours, comprit seulement après une relecture ce qui est normal quand on est dans le cadre des études supérieures, se trouvent être extrêmement intéressants (du moins je l'espère pour toi) et te donneront envie de les travailler chaque soir si possible. Je suis en dut info-com, un truc paumé dans la montagne sur le site de Sophia Antipolis, donc le long trajet le matin et encore plus long pour le retour avec les bouchons je connais. Je comprends totalement ta démotivation le soir pour travailler. Mais franchement refaire une année, en aurais-tu le courage ? Je ne pense pas, tu te motivera bien vite te connaissant et tu finira par trouver un compromis parce qu'au final, on trouve toujours le temps quoi qu'on en dise. Le truc, c'est de pas utiliser l'ordi déjà. Dans certains cours, il est autorisé (en dut on est "juste" 84 donc les profs peuvent imposés des choix justifiés). En fac, c'est freestyle , chacun sa merde ordi ou pas, du coup c'est tentant. Mais le meilleur c'est d'écrire parce que sur un pc, on tape à la même vitesse que le débit de la voix du professeur et on ne prend pas le temps de se répéter les mots. En fait on augmente notre mémoire à court terme avec les pc et on diminue celle à long terme. Donc je te donne ma méthode perso si ça peut t'aider : gratter les cours (aussi lourds que ça puisse être tu sais aussi bien que moi que l'homme finit toujours par s'habituer à tout), rentrer chez toi, les taper au propre ( ce qui t'oblige à te relire, ce qui te permet de les avoir au propre, ce qui t'habitues à voir immédiatement les idées importantes à retenir) et enfin, durant tes heures libres (pas toutes tes heures libres hein, ne sacrifie pas tes sorties, tes plaisirs sinon ton cerveau va exploser) faire des fiches comme au bon vieux temps du lycée ( ce qui t'oblige à faire un effort de synthèse étant donné que vu le nombre de matières qu'on a et le nombre de page qu'on gratte, il est évidant qu'on ne retiendra des cours que le strict nécessaire). Voilà voilà sinon laisse toi le temps de savoir si c'est la bonne voie ou pas ( franchement c'est grâce à mon entrée dans ce dut en info-com que j'ai trouvé comment allier ma passion pour la photo, le dessin et l'écrit en ayant pour ambition de travailler dans la publicité en tant que directeur artistique ou encore concepteur-rédacteur. Comme quoi, c'était pas du tout la mauvaise case) Après, le truc c'est que selon les cours que tu aimeras le plus, tu pourra trouver des métiers en lien avec ne serais-ce que pour tes futurs stages.

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