Just speak



Je n'arrive pas à parler. Je n'arrive pas à leur dire que ça ne va pas depuis toutes ces années. Les mots se coincent au fond de ma gorge, alors je les ravale et je me tais. 

Je garde tout pour moi, cela doit faire près de dix ans que ça ne va pas et que je ne dis rien. Cela fait près de dix ans que j'ai ouvert les yeux, que j'ai commencé à me poser des questions et que j'ai ressenti pour la première fois ce vide au fond de moi et de mon coeur. J'alterne des périodes sombres où je n'arrive plus à rien et de brèves passades où j'arrive à me relever et à faire quelques pas vers la lumière. Mon blog témoigne des hauts et des passages à vide. 
Il y a eu des jours où le fait de me lever était difficile, des jours où je n'arrive pas à commencer ma journée. Il y a ces nuits où je peine à trouver le sommeil, où je me retourne dans tous les sens sans pouvoir trouver un instant de répit, un instant où j'arrête simplement de penser. Et puis il y a ces matins où mes yeux sont enflés parce que je n'ai pas réussis à retenir mes larmes. 

Cela va faire bientôt deux mois que je tiens le coup, que je prends de grandes inspirations pour ne pas fondre en larmes. Je pourrais pleurer à n'importe quel instant, sans raisons particulières. Dans le train lorsque je vois le paysage défiler, en écoutant une musique triste, en pensant simplement à ces choses que je ne dis pas, pendant un cours où j'ai l'impression de ne rien maîtriser, lorsque l'on me rend une note insatisfaisante...

Je ne sais pas si tout pourrait se régler si je parlais simplement, si je vidais mon sac. Arriverai-je à raconter toutes ces années de silence ? J'ai tellement refouler ses pensées que je n'arrive pas à les écrire, que cela soit ici ou ailleurs. Je sais qu'elles sont là, tout au fond, je sais qu'elles attendent.

Je me souviens d'un jour où ma mère est entrée dans ma chambre alors que j'étais en train de pleurer. Elle est restée longtemps assise à côté de moi, m'implorant de lui raconter ce qu'il se passait et ce qui n'allait pas. Je n'ai pas pu lui dire un mot, j'aurais voulu tout lui raconter mais je n'ai pas pu. J'ai ouvert la bouche à plusieurs reprises, mais aucun son n'a pu sortir. Alors j'ai pleuré en priant fort pour qu'elle s'en aille. Et c'est ce qu'elle a finit par faire. Elle m'a proposé un jour de prendre rendez-vous chez un psychologue pour moi, je ne me souviens plus comment c'était arrivé, mais j'ai juste répondu non, non ce n'est pas la peine.

Je crois que jusqu'ici, c'était les cours qui me faisaient tenir. Le fait d'avoir de bonnes notes me donnait un peu de l'estime qu'il me manquait. Aujourd'hui je n'ai plus ça et il ne me reste rien. 
Mon jeu d'actrice en a aussi pris un coup par la même occasion mais je garde le peu de courage qu'il me reste pour faire croire à ma mère que tout va bien. Parce que je lui dois bien ça.


« You see, if something's eating at you, you gotta find a way to use it. »


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...Done.

20 commentaires

  1. Un jour tu vas tellement en avoir gros que tout va exploser..

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  2. Dur de trouver la bonne chose à dire pour répondre à ton article... J'espère que ça va s'améliorer pour toi, je sais que ça sonne creux comme ça, mais c'est toujours ce qui finit par arriver...

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  3. Même d'anonyme à anonyme, d'inconnue à inconnu, même d'écran à écran, à des centaines de kilomètres de distance, ta détresse me touche.
    Aucun mot ne sèchera tes larmes, car sans ce masque, ce précieux masque que l'on s'est créé au fil des années, on est devenu trop sensible en dessous. Trop vulnérable, peut-être inconsolable. Mais où que tu sois Tinhy, et qui que tu sois, ce qui compte c'est qu'il y a des gens qui pensent à toi.

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  4. (Tu peux désapprouver le 1er il y a une faute à ton nom. Désolé pour ça:/)

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  5. Ton article est vraiment touchant, et j'aimerais pouvoir trouver les mots pour t'aider à aller mieux. Mais consoler, ça n'a jamais été mon point fort. Alors je dirai simplement que je comprends ce que tu ressens, il m'arrive aussi souvent de traverser des phases où les larmes me viennent sans raison - ou pour des raisons tellement ridicules que je n'ose en parler à personne. Et quand tu dis "Aujourd'hui je n'ai plus ça et il ne me reste rien", je comprends aussi. Je ne suis qu'en terminale, donc mes notes sont plutôt bonnes si j'oublie 2-3 matières, mais j'ai aussi l'impression d'avoir perdu beaucoup de ce qui me rendait fière au cours des années.

    Si tu n'arrives pas à parler des problèmes qui te suivent depuis des années, peut-être que tu devrais les écrire ? Pas forcément sur ton blog, les écrire dans un carnet, une feuille, uniquement pour toi. Personnellement, je sais que je me sens mieux quand j'admets certaines choses par écrit, que je peux écrire ce que j'ai sur le coeur. Et plus j'écris plus je ressens cette envie d'écrire, mon carnet est un peu devenu mon confident. Tu devrais peut-être essayer :)

    En tout cas je te souhaite bon courage pour la suite, et j'espère que tu arriveras à te sentir mieux. Je t'envoie plein d'ondes positives <3

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  6. J'ai eu dernierement une période très triste dans ma vie, je pleurais aussi pour un rien, sans raison particulière, je n'arrivais pas à m'endormir car je pensais trop. Je pensais être de trop dans ce monde. mais depuis 4 mois ça va beaucoup mieux. Il y a des choses qu'on ne peut dire à son entourage mais à une tierce personne ça aide beaucoup, je vais au cmp (centre médico-psychologique en moyenne 1 fois par mois pour parler et trouver des solutions. De plus, ma mère a pris rendez vous avec une kinésithérapeute (je sais plus le nom) qui pratique des méthodes chinoises et homéopathiques. Ca m'a beaucoup aidé, ces petites boules de sucre. Tout ça pour dire, que c'est une mauvaise passe qui pour toi dur longtemps. Je compatis et j'espère que tu iras mieux !
    Boupsi

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  7. Tinhy, je suis ton blog depuis longtemps et je dois avouer que je t'admire. Sache que tu n'es pas seule. Je manque assez d'expérience car je n'ai que 14 ans donc je ne pense pas que j'arriverais à te consoler. Je comprends tes sentiments, il y avait également une période où je me sentais ainsi. En ce qui me concerne, je m'étais confiée à ma mère et cela m'avait beaucoup aidé, je te conseille de parler à un de tes proches ou à un psychologue même si cette solution ne te paraît pas favorable. Je manque toujours de confiance en moi, j'ai peur du regard des autres, je hais les personnes de mon collège mais malgré tout, j'essaye d'être plus optimiste. Je n'osais même plus aller au collège à un moment car je ne supportais plus toute cette méchanceté. Enfin, ça, c'est mon histoire et je ne vais pas t'embêter. Même si je ne poste pas de commentaires, je prends toujours le temps de lire tes articles. :)

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    1. Coucou Tohru.
      Il est vrai que j'aurais bien aimé parler à quelqu'un, mais je n'ose pas franchir le pas, je ne me sens pas encore prête. J'ai justement peur de faire ressortir "tous mes démons" et d'empirer la situation en parlant ( je sais que c'est ridicule, mais bon... )
      J'espère que tout ira mieux de ton côté, mais je suis certaine que tu trouveras le courage de passer outre toute cette méchanceté.
      Je t'envoie plein de courage, merci encore <3

      PS : je ne sais pas si tu as un blog, mais je n'arrive pas à accéder à ton profil pour avoir le lien...

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    2. Je suis consciente que cela n'est pas facile, courage. :)
      Merci beaucoup, cela me soulage d'avoir pu parler avec toi, il est vrai que je ne te connais pas dans la vraie vie mais je me sens assez proche de toi en lisant tes articles. Je dois admettre que je ne suis pas douée pour les relations sociales, je me sens plus à l'aise derrière un écran, je ne sais pas si c'est le cas pour toi.
      Et non, je n'ai pas de blog et j'hésite d'ailleurs à en créer un. J'avais autrefois un blog sur skyrock mais je l'ai supprimé...

      Je te souhaite un bon week-end !

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    3. Je suis contente d'avoir pu t'aider un petit peu.
      Préviens-moi si tu crées un blog un jour, à bientôt :)

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  8. quelles sont ces choses que tu n'arrives pas à leur dire ?
    pourquoi dis tu ne plus rien avoir aujourdh'ui ?
    courage

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    1. Coucou Iléna.
      Ce que je n'arrive pas à dire, c'est que j'ai des cicatrices qui auraient dues se fermer il y a bien longtemps mais qui sont malheureusement toujours ouvertes. Des choses qui resurgissent et d'autres évènements qui sont venus s'accumuler par dessus.
      Merci beaucoup, et à bientôt.

      PS : Je n'arrive pas à accéder à ton blog via ton profil :/

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  9. Mais tu n'as pas à faire semblant que tout va bien puisque c'est le cas. C'est fatiguant les gens qui ne sont pas à plaindre, c'est généralement ceux qui geignent le plus; viens faire un tour dans ma vie, on en reparlera, chérie.

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    1. Ton commentaire m'a bien fait rire : tu me reproches d'abord de me plaindre de ma vie, puis tu termines en faisant la même chose. C'est vraiment très intelligent...
      En revanche, ce qui me plait un peu moins, c'est que tu te permettes de me juger alors que tu ne me connais pas. Tu ne sais pas de quoi je parle, tu ne sais pas ce que j'ai sur le coeur, donc dans ces cas là, la moindre des choses est de s'abstenir de laisser des pauvres commentaires anonymes.

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  10. Si ça peut t'apporter un tout petit peu de positif tant mieux:)
    Et si jamais tu avais envie d'envoyer un mail n'hésite pas. Il ne faut pas perdre pied.

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  11. Bonsoir Tinhy,

    Je n'ai jamais laissé de commentaire sur Internet, mais là, ton post m'a sincèrement touchée.
    Je comprends le fait que tu n'oses pas en parler à quelqu'un de peur que la situation s'empire, ce n'est pas du tout stupide. Il y a quelques années, j'avais ressenti ce même sentiment de frustration inexplicable, ce mal-être profond qu'on appelle dépression. Au départ, je refusais également d'en parler à ma mère, je préférais souffrir en silence. Je restais toujours souriante alors qu'au fond, j'allais mal. Parce qu'en parler, c'est reconnaître qu'on a des problèmes, et au final, c'est le début de la défaite. Après quelques temps, je me suis résignée à en parler à ma mère, et aujourd'hui je le regrette. A partir de ce moment-là, tout s'est empiré. Ma mère ne me comprenait pas réellement, et cette incompréhension créait en moi colère, ce qui a donné lieu à des scènes vraiment désolantes. Les listes de "ce qui va" et de "ce qui ne va pas" ne m'ont pas aidée non plus, j'ai lu des livres de thérapie psychologique, suivi des conseils d'analyse sur soi, sur les vraies raisons de mon mal-être. Et rien. Aucune amélioration.
    Bref tout ça pour dire qu'en parler pourrait t'aider, comme ça a aidé beaucoup de personnes dans ton cas, mais si vraiment tu sens qu'en parler empirerait les choses, c'est qu'au fond de toi tu veux t'en sortir seule, et que t'en es capable. Alors n'en parle pas. Sois patiente, oublie tous ces tourments, entoure-toi de gens qui t'aiment et ça ira de mieux en mieux. Moi aussi je pensais que mes bons résultats scolaires étaient tout ce que j'avais, mais non, on a aussi ces personnes qui nous aiment et qu'on aime. Et rien (c'est pas rien) que ça, ça redonne un peu de lumière à cette vie qu'on a noirci, et progressivement, on s'en sort totalement.

    Courage.

    PS: Désolée d'avoir autant parlé de moi, mais c'était pour te montrer qu'il y a des gens, quelque part, qui ressentent la même chose que toi. Pour te montrer que tu n'es pas la seule, parce que c'était ce sentiment que j'avais lors de ma dépression. Que personne ne pourrait me comprendre.

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  12. Hey, ça fait un moment que je ne suis pas venue ici :) comment vas-tu ?*

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  13. Je ressentais la même chose que toi avant mais j'ai réalisé que j'ai perdu mon temps à déprimer. Ecoute Tinhy, je n'ai rien contre toi et je t'apprécie ! Je t'écris ce texte car je veux que tu te réveilles, que tu réalises que la vie n'est pas si difficile. Je voudrais que tu comprennes qu'il y a d'autres personnes qui souffrent encore plus que toi, qui ont perdu un être cher, qui n'ont même pas les moyens pour se nourrir et qui se battent pour vivre. Et toi, tu as une maison, tu as certainement une passion dans la vie, des personnes qui t'admirent et qui suivent régulièrement ton blog. Je trouve que c'est dommage de gaspiller sa vie à réfléchir et à s'apitoyer sur son sort. Je me suis trouvée incroyablement égoïste car il y a des gens qui ont vécu les pires choses qu'il puisse exister dans la vie et qui luttent pour être heureux.
    Je veux que tu sois FORTE. Alors, ne pleure plus et vis ! Tu as tout pour être heureuse !

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    1. Cet article remonte à très longtemps ! Ne t'inquiètes pas, j'ai pris conscience de ce genre de choses, j'ai d'ailleurs écrit cet article http://tinhyjournal.blogspot.fr/2013/01/youre-wishing-for-someone.html et si tu lis les articles que j'ai écrit ensuite, tu verras la différence :)

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