L'art de dramatiser les choses à l'extrême.

An American Trilogy by Elvis Presley

J'ai entendu à la télé ce matin, ou peut-être hier, je ne sais plus, qu'une des plus grosses préoccupations des Français était leur santé. Je relève soudain la tête de mon ordinateur et oui, je me reconnais. Je ne me suis rendue compte de ce petit soucis que récemment mais il est vrai qu'en y réfléchissant, ça tourne pas du tout rond là-haut. 

Premièrement je ne suis pas du tout hypocondriaque parce que je ne m'invente pas de maladies, ma pathologie est un peu plus subtile. En fait, dès que j'entends parler d'une maladie ou que je trouve un truc bizarre sur moi ( du style une petite tache sur la peau, un petit bouton bizarre, une douleur quelque part ou des trucs du même genre ) et bien je pense au pire et je me dis que cela pourrait éventuellement être grave. Du coup, comme toute personne sensée qui a une connexion internet, je tape mon problème sur Google et je vérifie si c'est grave. Je tombe évidemment sur des trucs horribles et, à la différence avec l'hypocondrie, je ne vais pas me ruer chez mon médecin. En effet, je me dis que c'est éventuellement grave donc je préfère faire l'autruche et faire comme si je n'avais rien vu parce que je redoute que le médecin me dise que c'est un truc grave que je vais garder à vie. La nuance est là aussi, je n'ai pas peur de mourir, j'ai peur d'avoir une "pathologie à vie" qui bouleverse mon quotidien. Ainsi, j'ai peur, entre autres, d'avoir du diabète, une scoliose, qu'on m'ampute un membre ou des blessures qui me laissent des cicatrices.

Comme on m'a récemment beaucoup fait remarqué mon problème, j'ai décidé de faire un test sur Doctissimo aka un des sites que je consulte malheureusement trop souvent et qui me fait également très souvent croire que je risque fortement de mourir demain, et le bilan est tombé : je ne suis pas hypocondriaque mais j'ai peur du pire. Il est vrai que je suis la reine de la dramatisation. Leur petit texte résume parfaitement mon soucis : je me mets très facilement à la place des malades, j'aurais tendance à repousser un rendez-vous médical de peur d'avoir un gros problème ( j'ai actuellement peur de prendre rendez-vous chez l'ophtalmo de peur qu'elle me dise que ma vue a encore dégradé ce qui voudrait dire que je risque un jour de ne plus rien voir du tout et donc de devenir éventuellement quasi aveugle ) ( j'essaye aussi de me motiver à aller donner mon sang parce que demain cela sera peut-être moi qui en aura besoin, mais de l'autre côté j'ai peur qu'on y trouve une maladie ). 
La dernière phrase du texte me fait l'effet d'un choc : "Mais reste toujours cette épée de Damoclès, sorte de sanction, pour vous interdire d'aller bien trop souvent... Y aurait-il chez vous une culpabilité quant au fait de jouir de votre vie et de votre corps ?"

On touche certainement un point. 

Contrairement à la plupart des gens, je me dis toujours que les choses n'arrivent pas qu'aux autres et j'en ai souvent eu la preuve dans mon entourage. Depuis petite, je me demande toujours pourquoi moi je suis en bonne santé alors qu'il y a tant de gens et d'enfants qui sont malades. Du coup je me dis que vu que je ne suis pas une sainte qui fait pleins de choses bien dans sa vie et qui ne se préoccupe pas uniquement de son nombril, et bien je n'aurais aucun trucs en ma faveur à dire aux maladies lorsqu'elles seront sur le point de me faire un petit coucou. C'est donc une question de temps ( d'où l'épée de Damoclès au dessus de ma tête ).

Voilà, à part ça je vais pas trop mal. Il faut aussi que j'arrête de raconter les trucs bizarres qui m'arrivent parce que vous allez finir par me prendre pour une folle ou par utiliser mes textes pour vos thèses de psychologie.

Et oui, Madame s'est mise à écouter Elvis Presley. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

1 commentaire

  1. Tu sais, j'ai peut-être une scoliose (je dois faire une radio pour le confirmer) et, malgré des douleurs au cou, ça reste très vivable (enfin je suppose que les scolioses plus graves sont beaucoup moins vivables, mais si tu en avais une de ce type ça se verrait à la forme de ton dos je suppose).

    Mais sinon, je suis pareille que toi. Une fois, je me suis évanouie pendant un concert de chorale (durant lequel je chantais sinon c'est pas drôle), on était resté debout toute la journée, sous des projecteurs chauds, donc c'était pas si étonnant que je me sois sentie mal... Et pourtant les jours suivants j'ai commencé à me dire "Mince mince si ça se trouve j'ai un diabète, j'aurais dû manger moins de bonbons, chocolats ou trucs sucrés !" Et parfois pour trois fois rien je me dit "olalala ma vie est géniale mais si ça se trouve j'ai une maladie super grave qu'on va bientôt me détecter et tout va changer" c'est assez flippant.

    Enfin, si tu as un problème, il vaut mieux quand même voir un médecin, ça peut ne pas être grave... Sauf si ce n'est pas soigné ! (Mieux vaut ne pas boycotter l'ophtalmo :)

    Allez bisous et longue vie à ton blog !

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