Un an de transport en commun : 5 rencontres mémorables.

J'ai récemment reçu la facture pour ma carte de transport qui s'élève par ailleurs à environ deux bras et une jambe et demie ( je songe à vendre un rein d'ici peu ). 
Si je vous écris ce post, c'est que j'ai survécu à cette première année de train et métro et même si cela fut souvent très dur entre les grèves, les retards, les accidents, les suppressions et j'en passe. Cette aventure m'a entre autre permis de faire pas mal de rencontres tout aussi surprenantes les unes que les autre. Je vous épargne les gens qui font peur et ceux qui ont les mains baladeuses, mais voici cinq personnes qui m'ont particulièrement marquées.


1. Le chanteur de reggae.
La première rencontre que j'ai faite a eu lieu durant ma semaine de pré-rentrée l'an dernier. J'étais en train de revoir mon cours de maths et je déprimais beaucoup parce que je n'y comprenais rien lorsque mon voisin de siège me demanda ce que j'étais en train de réviser, me sortant de mon cauchemar. Je lui répondis poliment, il me demanda alors ce que je faisais comme études et quelques autres questions, le tout en étant lui-même très poli. Au fil de notre discussion, j'appris qu'il était chanteur dans un groupe de reggae et il finit par me donner le flyer de son groupe car il jouait le weekend suivant dans une ville pas très loin.


2. Le philosophe pas très sobre.
Je rentrais de cours un soir après une très longue journée, j'étais assez déprimée car c'était la période des contrôles continus lorsqu'un vieil homme s'assit en face de moi. Je ne me souviens plus exactement de tout ce qu'il m'a dit mais il m'a parlé de la vie, des gens toujours pressés, il m'a dit que je devais sourire plus, que les gens avaient toujours l'air triste en enchaînant les sujets un peu n'importe comment et en parlant aussi de la nature. C'était pas très clair et j'étais assez troublée face à ce discours très brouillon, surtout que vu l'heure et la journée que je venais de passer, je n'étais pas au summum de ma forme. Comme je ne disais rien vu que je n'étais pas très inspirée et surtout parce que je ne pouvais pas en placer une, il finit par me dire qu'il voyait qu'il m'embêtait donc il s'est levé et s'est assis sur les banquettes d'à côté. C'est la qu'une alerte culpabilité puissance dix résonna dans ma tête, je lui dis alors qu'il ne me dérangeait pas du tout et j'ai à peine eu le temps de finir ma phrase qu'il recommença de plus belle sauf que je devais descendre du train. Il me salut et se mit en quête d'une nouvelle oreille peut-être plus attentive.


3. Les joueurs de tam tam
Si j'aime beaucoup la musique, je dois avouer que ces joueurs de tam-tam m'ont pas mal contrariée dirons nous. Encore une fois, je rentrais de cours aux heures de pointes lorsqu'un groupe de musique est entré dans le train avec des espèces de gros tam-tam et autres instruments africains. Ils ont joué pendant TOUT le trajet soit environ une demie-heure. Vous ne pouvez pas vous rendre compte de la chose, mais ces instruments font un bruit énorme au point d'avoir même du mal à s'entendre penser. Je suis sortie avec une tête énorme.

4. Le jeune SDF
Ma rencontre la plus marquante je pense. Je l'ai vu à plusieurs reprises, il dit avoir dix-neuf ans et c'est vrai qu'il fait jeune. Il faisait la manche pendant l'hiver, très souriant. Je lui donne de l'argent à chaque fois que je le vois parce qu'on a à peu près le même âge et que je me dis que je pourrais très bien être dehors à sa place. Il a juste pas tiré le bon numéro. Je l'ai entendu discuter avec un monsieur une fois et il lui parlait de son quotidien, de la galère pour trouver une place dans les centres d'accueil, de la mauvaise image que les gens avaient des SDF, des problèmes qu'il rencontrait pour s'en sortir. J'ai toujours mal au ventre en pensant à lui.


5. L'homme au ticket de train
J'arrive un jour sur le quai et un homme se dirige immédiatement vers moi en me demandant un stylo. Je commence à ouvrir mon sac et il me dit qu'il voulait m'écrire son numéro sur son ticket de train pour que je puisse l'appeler. Gros malaise. Il veut m'inviter à prendre un café. Second gros malaise. Il doit avoir un peu moins de dix ans de plus que moi mais il parait tout timide. Je lui bafouille que c'est très gentil mais que je ne suis malheureusement pas intéressée. Il me remercie poliment et me souhaite une agréable journée en me disant que c'est tout de même dommage.
Ceci est bel et bien une preuve que les hommes n'ont pas tous oublié les bonnes manières parce que je suis personnellement assez lassée d'entendre des "éh mad'moizelle".


Et vous, des rencontres mémorables sur le quai des gares ?

PS : le mercredi popcorn se transforme en jeudi popcorn pour cette semaine. Rendez-vous demain ! 

6 commentaires

  1. J'ai longtemps regretté de ne pas avoir pu garder contact. Et j'ai hâte de trouver un emploi où je dois prendre le train rien que pour ça. J'aime les transports en commun, et je les préfère à la voiture sans hésitation !

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  2. J'aime beaucoup cet article, je trouve ça vraiment touchant. :)

    Je prends le bus depuis plus de deux ans pour aller au lycée, et j'ai eu le droit à quelques perles aussi, mais je crois que la plus mémorable c'est quand un monsieur, la quarantaine, vient me voir en me demandant mon âge. Je ne suis pas majeure, alors il semble déçu, mais il me dit que j'ai le même âge que sa fille. Puis il décide que c'est pas bien grave, et il m'explique quand même que bientôt, on voudra nous mettre des puces électroniques sous la peau, mais qu'il faudra absolument refuser. Et sur ce, il s'en va.
    J'ai pas trop compris sur le coup, et je comprends toujours pas en fait haha, mais c'était plutôt drôle !

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  3. Ton article me rappel tous ces gens que j'ai rencontré dans les transports en commun, ceux qui m'ont agacé et ceux avec qui j'ai eu plaisir à parler!
    ça reste des bons souvenirs après coup même si parfois j'ai eu bien peur!

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  4. @Pauline : C'est vrai que sur le coup, on a très peur ! Surtout lorsque je vois la personne commencer à s'approcher de moi x)

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  5. Il y en a eu tellement.. Tous ces musiciens du métro avec qui j'ai pu chanté dont Nadir, le guitariste de funk que je vois régulièrement maintenant.

    Ou bien cet homme qui m'a fait tellement peur lorsqu'il s'est énervé sans raison et m'a pointée du doigt en disant qu'il allait me tuer.

    Ou encore ce gosse qui prenait la même ligne que moi tous les matins et avec qui je faisais des battles de regard jusqu'à éclater de rire..

    Le métro c'est vraiment une micro-société.

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