{ L'aventure au pair } Le jour où j'ai trait une vache (Bucket List #3)

Mon host dad a un élevage de vaches et produit du lait. Cela fait déjà deux mois qu'il me taquine en me demandant quand est-ce que je vais l'accompagner pour aller traire les vaches et donc deux mois que je ris en disant "plus tard". Hier, on a atteint le point de non-retour où, alors qu'il venait me récupérer en ville, il m'a demandé si je voulais l'accompagner ce soir. J'ai été prise au piège et ne voyant aucun échappatoire, j'ai dû dire oui. 

Au début, j'avoue que cela ne m'enchantait pas du tout parce que je rentrais de weekend et j'avais dû dormir 10h en deux nuits. En arrivant à la maison, il me dit qu'il faut que je me change. Problème : je n'ai pas de ramener de fringues pourris. J'ai donc été contrainte de mettre mon vieux k-ways (celui dont ma mère a insisté pour que je le prenne dans ma valise) (ok il pleut en Irlande mais il pleut aussi à Paris et je sors pas mon k-way à chaque fois). Autre problème : je n'ai pas de bottes en plastiques donc il m'a gentiment prêté une paire trois tailles trop grande pour moi.

Nous nous dirigeons donc vers le champ où sont les vaches et il me demande de les emmener jusqu'à l'endroit où on doit les traire pendant qu'il fait un autre truc. Je commence à rire en pensant que c'était une blague et je le regarde : il rigole pas. Il est très sérieux et il veut vraiment que je conduise ses vaches, moi, parisienne d'un mètre soixante-cinq qui n'a jamais touché une vache de sa vie. Dans ma tête c'était un peu la panique mais je me suis contentée de marcher derrière les vaches en me retournant toutes les cinq secondes pour voir s'il revenait. Une fois les vaches arrivées à bon port, je dois marcher dans des tonnes de bouses pour atteindre la porte. Mes chaussures sont dix fois trop grandes, il a plut quelques minutes plus tôt je prie pour ne pas glisser. Je crois que si j'étais tombée, je me serais mise à pleurer. 

Alors finalement ?

Eh bien j'ai adoré. Je pensais que cela me saoulerait vite sachant qu'on avait 72 vaches à traire mais je n'ai pas vu le temps passer. J'ai été une très bonne élève car j'ai posé pleins de questions et j'ai pris pleins de photos. J'ai appris pleins de choses et c'était vraiment très intéressant. Vous serez donc heureux de savoir que l'on doit traire les vaches deux fois par jour et qu'elle produisent en moyenne 15 litres de lait à chaque fois selon les statistiques. Il m'a aussi expliqué le fonctionnement des machines et tout le reste et je voyais qu'il avait vraiment envie de me faire partager sa passion. Est ensuite arrivé le premier moment fatidique où il m'a demandé de mettre les trucs sur les pis des vaches : check, les doigts dans le nez (ce sont des sortes de tubes qui aspirent les pis de la vache et qui émettent des sortes de frictions qui font sortir le lait). Puis est arrivé le deuxième moment fatidique où il m'a demandé d'essayer de traire une vache avec mes mains. Cette fois-ci, j'ai moins fait la maligne...
Première tentative : j'ai peur de toucher le pi.
Deuxième tentative : je touche une seconde et demie et retire ma main en émettant un petit cri (c'est vraiment très étrange au toucher).
Troisième tentative : j'essaye mais rien ne sort.
Et la quatrième tentative fut la bonne. 

Plus sérieusement, j'ai été assez révoltée d'entendre qu'il vendait son litre de lait à un peu moins de 40 centimes à une entreprise locale et que c'était un très bon prix. Sachant que le coût de production de son litre lui revient à un peu plus de 20 centimes, il m'a donc dit que son bénéfice s'établissait à environ 10 centimes par litre. "T'imagines une petite pièce de dix centimes au creux de ma grosse main de fermier ?". J'ai fait mes calculs et je pense qu'il doit gagner environ 1400€ par mois, soit moins du salaire médian français. Lorsque je vois qu'il se lève aux aurores chaque matin, voit à peine ses enfants (qui pleurent dix minutes devant la porte à chaque fois qu'il s'en va) et ne rentre le soir que vers 22h ou parfois plus tard pour gagner à peine 1400 euros, je me dis qu'il y a quand même un gros soucis...

Bref... Comme je l'avais dit dans l'article précédent, la mère avait dit qu'elle rentrerait finalement dans l'après-midi mais elle s'est finalement pointée à 22h (enfants nourris, lavés et couchés par mes propres soins). Sinon ce séjour aura finalement permis au petit dernier de 2 ans de m'adopter pour de bon (c'est con, je pars dans une semaine). Depuis deux jours, il n'arrête pas de me faire des câlins, lui qui est assez sauvage en temps normal même avec sa mère, de m'appeler et de me chercher dès que je sors de son champ de vision et il m'a même dit que j'étais sa girlfriend.. Là par exemple, je viens de le coucher et il est en train de chouiner en appelant mon prénom.

"Can I have my kissy please ?"  - Blondinette chaque soir lorsque je la mets au lit. (4ans).

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