Quand l'adolescence fait mal (partie 1/2)

Cela fait depuis très longtemps que j'ai envie d'aborder ce sujet ici. Plusieurs années, je dirais même. Je l'aurais fait volontiers au tout début du blog, mais je savais que des personnes de mon lycée l'avait repéré et j'avais trop peur de m'ouvrir autant. Ensuite avec les années, je m'étais promis de faire sortir la "tristesse" du blog, d'être plus positive et d'utiliser cet endroit pour aller mieux et pour m'évader.

Entre temps, j'ai fait mon petit chemin. J'ai pris du recul sur les événements qui me sont arrivés et j'ai envie de vous en parler. Je me dis que cet article pourra peut-être aider quelqu'un, ne sait-on jamais.



Pour vous éviter d'avoir à lire un article de trois pieds de long, je vous l'ai découpé en deux. La suite arrive donc d'ici quelques jours. 

* * *

Je pense que je me suis rendue compte que quelque chose n'allait pas pendant mon année de sixième, lorsque j'ai commencé à avoir une boule dans le ventre à l'idée d'aller au collège. Je me souviens parfaitement de l'angoisse que je ressentais en arrivant devant la grille, là où tout le monde restait en attendant qu'elle s'ouvre. J'avais l'impression que tout le monde me regardait, que tout le monde parlait et se moquait de moi. J'avais juste envie de faire demi-tour en courant pour rentrer me cacher chez moi. Je ne me sentais pas à ma place.

J'avais développé beaucoup de complexes. Je savais que j'étais la moins belle de mon groupe d'amies. Je savais que ce n'était pas moi, mais elles, qui attiraient l'attention des garçons et elles dont tout le monde voulait être l'amie. Je me sentais laide, grosse, inférieure à elles, à tout le monde. 

La seule chose qui me remontait le moral était les cours. Mes bonnes notes me redonnaient un peu de l'estime que j'avais perdue même si je savais qu'en retour, j'avais le droit aux remarques déplaisantes des autres. 

J'avais passé un mois de l'été qui a suivi seule à la maison. Ma mère travaillait, mes amies étaient parties en vacances donc il n'y avait que moi. Je passais mon temps à regarder des films en mangeant. Je me souviens que je me faisais des sandwichs à n'importe quelle heure de la journée. Je m'empiffrais de bonbons, de gâteaux, de tout ce que je pouvais trouver dans les placards. 

A la rentrée, j'avais donc pris un petit peu de poids, quelques petits kilos qui n'arrangeaient en rien l'image que j'avais de moi-même. Cette année, toutes mes amies et moi nous étions retrouvées dans la même classe. Si je pensais que cela m'aiderait, cela a plutôt été le contraire puisque j'avais désormais du mal à me faire une place au sein du groupe. Ce fut aussi l'année où nous avions commencé à nous intéresser sérieusement aux garçons. Je n'osais jamais dire lequel me plaisait car je savais très bien que je n'avais aucune chance. 

Un jour, un garçon m'a dit que j'étais grosse. Je me souviens parfaitement du coup de massue que cela avait été. Jusqu'ici, je me disais que mes complexes étaient dans ma tête, mais c'était la première fois pour moi que quelqu'un me faisait une remarque. Avec du recul, je rentrais simplement dans un 38, ce qui était visiblement trop loin des standards de l'époque. C'est à cette période que j'ai essayé de maigrir. Il m'arrivait de ne pas manger de la journée et de me peser toutes les heures pour voir si j'avais perdu quelques grammes. J'étais devenue obsédée par mon poids et par les calories que j'ingurgitais. Je me couchais en étant bercée par les gargouillis de mon ventre. Evidemment, l'étape 2 est arrivée assez vite. J'alternais désormais les périodes de jeûnes et les pleurs à cause de la culpabilité causée par les crises où je mangeais beaucoup, pour ne pas employer le mot médical auquel je n'ai jamais pu m'identifier.



Cette période a été la plus dure de ma vie je pense. Je pleurais chaque soir avant de dormir. Je me levais tous les matins avec des yeux gonflés et toujours avec cette boule dans l'estomac. Je ne me sentais plus à l'aise dehors et j'avais peur de ce que les gens pensaient de moi. J'ai commencé à donner des excuses à mes amies pour ne pas sortir tellement je craignais l'extérieur. Petit à petit, elles avaient arrêté de m'inviter. Je me sentais seule, je me détestais et il restait toujours ce vide à l'intérieur que je n'arrivais pas à combler. 

J'ai perdu sept kilos en l'espace de deux mois sans que personne ne s'en rende compte. Des membres de ma famille le pointaient du doigt parfois mais il était finalement assez facile de mentir. J'avais toujours pensé que mon poids était à l'origine de tous mes problèmes,  mais les kilos qui défilaient sur la balance ne me redonnaient malheureusement pas mon sourire.

suite

13 commentaires

  1. Touchant.
    (je me suis lancée dans un commentaire de 2kms mais j'ai résumé :-) )

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  2. Encore une fois, j'ai l'impression que j'aurais pu écrire ce texte mot pour mot... j'espère que tu as réussi à t'en sortir! <3

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    1. Oh Célia, je suis désolée de lire que tu as vécu les mêmes choses que moi...
      De mon côté, cela va un peu mieux, je posterais la suite sûrement demain.
      J'espère aussi que tu as mieux aujourd'hui ♥

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  3. Ca a dû être dur de nous parler de ça. Merci pour ce partage, Tinhy.
    Je lirai la suite avec attention <3

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    1. Oui cela a été assez dur je dois avouer car je n'ai pas l'habitude de parler de cette période...
      Je te remercie pour ton soutien..
      A très vite ♥

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  4. C'est très touchant, merci d'avoir partager cela avec nous.

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  5. Poignant et d'une extrême justesse. J'espère que tu as été plus forte que ce sentiment de n'être pas à la hauteur, parce que tu le mérites !! 😙

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    1. Merci beaucoup Onali, ton message me touche énormément. J'essaye d'être plus forte, mais ce n'est pas facile tous les jours malheureusement.
      A bientôt et encore merci ♥

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  6. Oh Tinhy... Lire cela me brise le coeur, mais au moins, je sais que tout ça est presque derrière toi! Un jour, tout cela deviendra qu'un lointain souvenir c:

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    1. Merci beaucoup Mab. J'espère que j'arriverais un jour à tirer un gros trait sur tout cela...

      J'espère que tout va bien de ton côté ♥

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  7. Je n'avais pas encore prit le temps de lire ces articles, car je voulais être posée pour le faire vu qu'il s'agit d'un sujet important pour toi.
    Je vais lire la deuxième partie !

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