Quand l'adolescence fait mal (partie 2/2)



* * *

L'année qui a suivi s'est un peu mieux déroulée. J'étais toujours dans ce groupe d'amies mais je m'en étais faite d'autres dans ma nouvelle classe et je m'y sentais un peu mieux. J'avais toujours ces problèmes de poids mais je les gérais également mieux. Il y avait cependant des périodes où la la déprime revenait. Pendant celles-ci, j'avais l'impression de revenir en arrière : les complexes, les malaises et la fatigue dus au ventre trop vide et les pleurs... tout redevenait comme avant. 
Je pense que mon meilleur ami pour m'en sortir a toujours été la musique. Elle m'enveloppait, me berçait, me protégeait, me rassurait... Je pense sérieusement que cela aurait été bien pire si elle n'avait pas été là. 

J'ai senti du renouveau en entrant au lycée. Je m'étais définitivement crée un nouveau cercle d'amies au sein duquel je me sentais réellement bien. Je respirais à nouveau. A elles non plus, je n'ai pas pu leur parler mais je sentais enfin que les choses s'amélioraient. Il y avait toujours ces moments où je doutais de moi et où je pleurais beaucoup mais j'arrivais toujours à reprendre le dessus au bout d'une ou deux semaines. 
Aujourd'hui, la tristesse refait toujours surface lorsque je baisse la garde et les périodes où je déserte le blog en sont bien la preuve. Avec le temps, j'ai appris à m'accepter telle que je suis. Le chemin est encore long mais je pense être sur la bonne voie. J'ai fait sortir la fille qui se cachait tout au fond de moi en me disant que, finalement, elle en valait peut-être le coup. Je n'ai jamais réussis à parler à qui que ce soit et c'est d'ailleurs la première fois que je mets concrètement par écrit ce qu'il s'est passé. 
J'ai dû faire un gros travail sur moi-même pour comprendre d'où tout cela venait. J'en avais évidemment une petite idée mais je ne comprenais pas comment cela pouvait encore m'affecter et à une telle puissance. 

Avec du recul, je pense qu'on ne remet jamais d'un abandon. Les blessures ont pour ma part dormi pendant tout mon enfance mais en entrant dans l'adolescence, âge où l'on se cherche et où on a besoin d'être rassurée, l'absence a été un gros fardeau. Comme une épée de Damoclès perchée en suspens au-dessus de ma tête.
Comment s'accepter lorsque qu'une personne qui est censée vous aimer tout au long de votre vie vous a abandonnée ? Comment réussir à croire que l'on compte tout autant que les autres ? Que l'on mérite d'être aimé ?


C'est toutes ces questions qui ont trotté et qui trottent encore parfois dans ma tête. 



On ne guérit pas ce genre de blessures, on tente simplement de les apaiser. 


7 commentaires

  1. il y a parfois des périodes (très courtes, de quelques heures la plupart du temps) où j'entre dans une espèce de spirale. C'est au choix : sur fond de "je suis nulle, j'y arriverai jamais, je mérite pas" bla bla bla ou : "je suis seule, j'ai pas de vrais amis" etc. Dans ces périodes plus j'y pense plus d'autres souvenirs remontent, donc la solution c'est de couper court tout de suite, quand je pense que je vais me faire prendre dans la spirale, mais ce n'est pas simple, même quand je surmonte il y a la pensée qui est toujours là en arrière plan, qui guette, on pourrait dire.
    Je crois que tu as raison, qu'on ne se remet pas vraiment de ses blessures et traumatismes. Pourtant je n'ai pas été harcelée comme certains, ce n'était pas un rejet "fort" des autres, et quand j'entre dans une spirale je peux être assez de mauvaise foi et paranoïaque... quand je vois dans quel état ça me met, je n'ose pas imaginer pour les personnes qui ont vécu pire que moi.

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    1. Coucou Melgane.
      Ce que tu décris au début m'a beaucoup touchée car je m'y retrouve beaucoup. C'est ce que j'ai essayé de décrire lorsque je disais que tout revenait dès que je baissais un peu la garde.

      S'il y a bien quelque chose que je refuse, c'est de comparer ses blessures à celles des autres. Chacun vis les choses à sa façon donc ne sous-estime pas tes ressentis, même si tu penses que avoir vécu "moins" que les autres ♥.

      En tout cas je te remercie de t'être confiée ici.
      Plein de bisous ♥

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  2. Merci pour cet (ces) article(s).
    C'est quelque chose qui plane autour de moi depuis des années, ce malaise, cette sensation de ne pas mériter l'attention, de ne pas valoir le coup, d'être moins que les autres. Quelque chose sur lequel j'ai du mal à mettre des mots, qui me revient en boomerang dès que tout commence à aller mieux. Comme toi, les cours ont pendant longtemps -jusqu'à cette année- le seul "endroit" où il me semblait valoir quelque chose, malgré les moqueries.
    Aujourd'hui, j'essaye de prendre le taureau par les cornes, d'essayer de comprendre, de me comprendre et de me réaffirmer, pour ne pas me laisser abattre comme je le faisais jusqu'à présent. J'essaye de laisser ces pensées moroses, de ne pas leur accorder d'attention, même si c'est dur et qu'à chaque vacances, loin de ce que je commence à construire dans mon nouvel environnement, ça me reprend de plus belle. La solitude, les pleurs, l'angoisse, le creux dans le ventre à l'idée de n'être pas grand chose.
    La prépa a été un éléctrochoc : elle a remis en cause ce que j'avais construit bancalement pendant les deux dernières années de lycée, en même temps qu'elle remettait en cause la confiance que j'avais en mon """"intelligence"""". Lorsque j'ai réellement pris conscience de ça, il y a à peine quelques semaines, j'ai eu envie de tout abandonner. Je ne me sentais pas la force de me battre contre moi-même (parce que c'est soi, plus que les autres, qui entretenons cela) et de me battre dans mes études. Et il y a ces personnes magnifiques qui ont été là pour moi. Qui sont là pour moi. Je n'en ai pas parlé, à peine à demi-mots. Mais ils m'ont confronté à cela, sans le savoir je crois, je n'en suis pas sûre, et ils m'ont permis de croire à nouveau que je pouvais valoir quelque chose - dans les cours, comme dans la vie -, ils m'ont donné des ailes et c'est absolument... pwah, j'ai pas de mots pour dire à quel point je me sens bien avec eux, à quel point je les remercie. Sans ça, j'aurais abandonné les études qui me passionnent, j'aurais tout quitté et me serais renfermer dans ma bulle, une nouvelle fois.
    C'est un peu décousu, j'ai beaucoup de mal à parler de ça - j'ai l'impression de ne pas devoir en parler, que ça n'a pas vraiment sa place, que c'est inutile - mais voilà, je voulais te remercier pour cet article. Qui soulage autant qu'il perturbe, parce que l'écho que je trouve dans tes mots me fait me sentir moins seule, et me donne l'espoir de m'en sortir vraiment (même si l'impression est que le boomerang est toujours là, près à briser ce que l'on construit) mais qu'à la fois, c'est douloureux de lire les mots posés sur ce mal-être, notre mal-être, et de voir que d'autres souffrent aussi. C'est... Voilà. Merci. Merci. Merci, merci !!!! <3

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    1. Coucou !

      Ton commentaire m'a énormément touchée. Je t'avoue que j'ai eu une petite larme à l'oeil en le lisant. Je te remercie énormément de t'être confiée à moi.

      Je me suis beaucoup reconnue dans le passage où tu parles des vacances. Il est vrai que si j'aime beaucoup ces périodes de répit, je me sens souvent seule également.

      Je suis contente de voir que tu as réussis à te faire des amis sur lesquels tu peux compter et qui t'ont redonné un peu de confiance en toi. Le travail est long mais je suis persuadée que tu es sur la bonne voie ! Accroche-toi à ce que tu aimes et n'abandonne jamais tes rêves !


      Je t'envoie plein de courage pour la suite ♥ ♥ (et encore merci !).

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  3. C'est toi que je remercie, ton article m'a fait mariner toute la journée et il a du te falloir un certain courage pour mettre cela en mot et le publier ici. Bravo pour ça, bravo de partager ça et merci - encore une fois.
    C'est exactement ça pour les vacances : tiraillée entre le bonheur d'être en vacances et la solitude...
    Tu es adorable ! Je te souhaite la même chose ; que ce nuage noir reste le plus loin possible de toi !!
    A toi aussi ma belle ! ♥
    Clara

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    1. Merci encore Clara. Prend bien soin de toi et n'hésites pas à repasser pour me donner de tes nouvelles ♥ ♥

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  4. Ton article me rend triste car personne ne devrait se sentir aussi mal dans sa vie. Ca fait très longtemps que je te lis et je n'aurai jamais pensé que tu avais traversé une période aussi difficile. Ca n'a pas dû être facile pour toi, et jespère que ça va mieux aujourd'hui. Mais à travers tes écris, j'ai l'impression que oui. Tu est quelqu'un de très fort, et tu t'affirme de plus en plus.
    J'espère que t'ouvrir ici t'aura fait du bien, de sortir un peu la tête de l'eau. Et sache que tu en vaux la peine; et que tu n'as pas à te rabaisser au contraire !
    Je te fais plein de bisous en tout cas (et si tu as besoin n'hésité surtout pas (ici ou sur Twitter où je suis tout le temps ;))

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