Le retour de la tristesse




Ca ne va pas très bien depuis quelques jours. Je ne saurais pas trop vous dire pourquoi ou plutôt quel a été l'élément déclencheur. Souvent, c'est un petit rien, c'est la dernière petite goutte d'eau qui fait déborder mon vase.

L'autre chose, j'ai fait le triste constat que cela faisait plus de 10 ans que j'étais dans cet état. 10 ans. La moitié de ma vie. Une éternité. 

Je me souviens avoir entendu quelqu'un utiliser une métaphore pour décrire la dépression. Elle nous avait dit d'imaginer que la vie était un hamburger. Un gros hamburger bien garni avec tout ce que vous aimez dedans. Vous mourrez de faim et il vous donne envie. Seulement, lorsque vous prenez votre première bouchée, vous ne sentez rien. C'est fade, ça n'a aucun goût. Pourtant, lorsque vous regardez autour de vous, vos amis se régalent. Ils parlent la bouche pleine, ils rient aux éclats, ils en recommandent un autre. Ils s'amusent, ils profitent et vous, vous les observez sans réussir à prendre part à ce bonheur qui vous environne. 

Cette métaphore peut paraître un peu simpliste mais je trouve qu'elle exprime bien ce que je ressens en ce moment. Du mal à se lever le matin, du mal à tenir la journée et plus grand chose qui arrive à me remonter le moral. 

J'avais commencé cet article en me disant que j'allais tout vous raconter, tout vous dire, dans les détails et puis finalement je n'y arrive pas. C'est assez décevant pour moi de voir que je n'arrive pas à en parler, même de manière anonyme et à des gens qui ne jugent pas et qui ne me connaissent pas dans la vraie vie. Je suis incapable de mettre des mots sur toutes ces choses que je ressasse. J'ai peut-être peur d'entendre un verdict, que vous me confirmiez ce que je pense secrètement à mon sujet, que vous utilisiez ce mot qui commence par un D. J'ai peur des conséquences que cela aurait sur mon quotidien, peur de tomber encore plus bas. 


J'aimerais tellement pouvoir en parler...

22 commentaires

  1. Ca me fait de la peine de te savoir comme ça, je connais ce sentiment, je sais ce que ça fait. En ce moment je me sens plutôt neutre, quelque part j'ai peur que ce ne soit que parce que je me tiens plutôt occupée, parce que je passe 7-8h de mes journées à faire du babysitting, que quand la petite fait sa sieste, je rédige mes articles, que quand je rentre, je reçois des commandes, je lis les blogs que je suis, etc... Avec tout ça j'ai même pas eu le temps de rédiger mon rapport de stage alors que mon stage s'est terminé il y a 2 semaines, ce qui me stresse un peu parce que j'ai pas envie de le bâcler. Ce weekend va me sembler court, et la semaine prochaine je la passe en partie à Paris, à courir partout pour suivre le programme de mon chéri avant d'enfin rentrer chez moi et de ne plus rien avoir à faire. Donc le weekend prochain, j'ai peur d'avoir un énorme coup de blues en conséquence.
    Est-ce que tu es encore en stage ? Si tu as une journée de disponible, qu'il fait beau, tu devrais aller te balader, de préférence seule et avec de quoi t'occuper (des carnets, un bouquin, de la musique, ...), tu te poses dans un endroit joli, tranquille et ensoleillé et tu essaies de te vider un peu l'esprit, de penser simplement à cette belle journée et à ce que tu fais. Peut-être que les mots te viendront à ce moment là, ou peut-être que ton sentiment s'estompera un peu... Je sais pas, je pense que de faire quelque chose de différent, ça te donnera une nouvelle bouffée d'air.
    En tout cas je souhaite que ça te passe, et que tu retrouves un peu de positivité.
    Plein de bisous à toi ma puce.

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    1. Merci pour ton commentaire ma belle.
      Cela me fait aussi beaucoup de peine de lire que tu ressens parfois les mêmes choses que moi... J'ai aussi l'impression que la "tristesse" prend du repos lorsqu'on a la tête pleine et qu'on est occupée. C'est souvent lorsque l'on s'arrête 5 minutes que les idées noires reprennent le dessus.

      Oui je suis toujours en stage mais c'est vrai que cela peut être une bonne idée d'aller me balader toute seule pour me vider un peu l'esprit...

      Merci encore et bon courage à toi aussi ♥

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  2. Tu ne dois pas avoir peur de ce mot en D. , mettre un mot sur ce dont tu souffres est un premier pas en avant, reconnaître que oui .. tu l'es. Tu sais, ce n'est pas grave de l'être. Mon papa est dépressif chronique depuis des années, il se soigne et va mieux. C'est certain que ce n'est pas toujours rose mais avoir mis un mot dessus, ça a permis de comprendre et ce tant pour lui que pour l'entourage. Le reconnaître ne te fera pas tomber plus bas, au contraire. C'est un palier qui t'aidera à remonter car pourra comprendre et essayer de palier aux petits déclencheurs du quotidien.

    Après ce n'est que mon avis, tout le monde va à son rythme, si tu ne te sens pas prête de l'entendre, alors vaut mieux attendre. Mais j'espère sincèrement que tu iras mieux, courage à toi ♥

    (Et puis n'hésite pas à dire ou essayer de dire ce que tu ressens, on ne te juge pas et on sera toujours prêt à te lire !)

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    1. Thérèse,
      Il est vrai que j'ai tendance à croire que mettre un mot dessus me fera tomber plus bas. J'ai peur de ne plus réussir à me battre...Je pense effectivement ne pas être encore prête à l'entendre, cela risque de prendre encore un peu de temps...

      Je te remercie de m'avoir confiée cette histoire en tout cas et merci aussi pour tes conseils..

      A très bientôt ♥

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  3. Même si tu n'arrives pas à l'écrire, tu as déjà conscience de ce que tu as ... C'est un sujet qui me touche énormément, et j'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je vois quelqu'un qui traverse ça. Je sais à quel point c'est dur, et à quel point ça peut être dévastateur. J'en ai souvent parlé sur mon blog, ma mamie s'est suicidée il y a 2 ans. Et moi j'en ai fait une grosse il y a 2/3ans. J'ai peiné à m'en sortir, mais j'ai réussi. Bref, c'est pas pour raconter ma vie, mais juste pour te dire que t'es pas seule. Et si jamais tu as besoin de parler, vraiment, tu peux me contacter. Je sais à quel point on peut se sentir seule ...

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    1. Ma belle,
      Je suis très touchée par ton histoire et je t'envoie plein de courage en espérant que tu as réussi à traverser ces épreuves...
      Je te remercie d'avoir pris le temps de me confier ton histoire...

      A bientôt ♥

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  4. Du fond du coeur, je te comprends. Ma tristesse et ses postes crises de panique et angoisse constante sont réapparues sans raison apparente depuis le week-end dernier, et je lutte depuis pour que ça aille mieux avec parfois l'impression que cette fois, je n'y arriverai pas. On se fiche des mots, d'être dépressive ou autre, l'important c'est d'aller mieux. Alors si se dire dépressive me permet d'aller mieux ensuite parce que j'aurais fait ce qu'il faut (en parler à un professionnel, prendre un petit quelque chose pour m'aider), eh bien je suis prête à le faire car cet état est réellement une souffrance. C'est tellement plus courant qu'on ne le pense, et surtout c'est passager. Même si dans ces moments-là on a du mal à se rappeler comment c'était avant, et que les autres fois on a fini par s'en sortir, il faut essayer de faire cet effort : de croire que ça ira mieux. Tu sais, j'ai un blog aussi, et pourtant je ne t'écris même pas sous mon pseudo car je n'assume finalement pas tout à fait cet état non plus, je n'arrive pas à tout dire de ce que je ressens dessus. As-tu déjà pensé à voir un psy ? Franchement, c'est différent de tout : de quand tu parles à un proche ou ici, c'est très libérateur, essaye peut-être ne serait-ce qu'une fois :) Courage à toi, tu y arriveras, et moi aussi je l'espère !

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    1. Coucou,
      J'ai effectivement déjà pensé à voir un psy, j'y ai d'ailleurs pensé sérieusement mais je ne veux pas encore en parler à ma famille. J'ai essayé de me renseigner mais étant donné que je "dépends" encore d'un parent pour tout ce qui est Sécurité Sociale etc, je crois qu'il n'y a aucun moyen pour que j'en consulte un sans qu'ils le sachent... (mais je me trompe peut-être ? Je n'y connais rien à ces choses là ! Si tu as une réponse d'ailleurs, cela m'intéresserait beaucoup !).

      Je te remercie pour tes conseils et je te souhaite de tout coeur d'aller mieux. Je comprends tout à fait que tu aies préféré de m'écrire ce message de façon anonyme et je t'envoie également plein de courage.

      A bientôt ♥

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  5. Oh, Tinhy...
    Mais tu peux en parler! C'est sûr et certain qu'en ce moment, tu n'es pas la seule à vivre un truc de ce genre, il ne faut pas avoir peur de dire ce qu'on a sur le coeur... Peut-être qu'après, tu vas te sentir mieux.

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    1. Mab,
      Je suis consciente qu'en parler m'aiderait beaucoup mais je fais un blocage, comme tu as pu le comprendre. Je compte vraiment travailler là-dessus car je ne peux pas continuer à vivre de cette manière...

      Quoi qu'il en soit, je te remercie pour ton message.
      A bientôt ♥

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  6. Essaye peut être de de commencer par le plus futile. Le truc débile, anecdotique qui t'énerve : pourquoi ça t'énerve, qu'est ce qui est arrivé, et au fur et à mesure remonter à ce qui est sous-jacent, les trucs plus profonds, plus complexes...
    Voilà voilà :-)
    Je ne me voyais pas ne pas commenter ce post, mais en même temps je ne sais pas trop quoi te dire donc c'est un conseil qui ne vaut pas 50 millions d'euros.

    Pour ce qui est de ta métaphore, et même si tu n'en parles pas des masses, j'ai l'impression que ton entourage te renvois à tes propres angoisses, tes faiblesses, comme si leurs succès ou leurs bonheurs ne faisaient qu'enfoncer le clou de ce que tu ressens. Si il y a un peu de ça, n'hésite pas à renouveler l'air autour de toi. Sans forcément changer d'amis ou d'entourage, mais peut être voir plus de nouvelles personnes...
    (et un deuxième conseil à 2 francs !)

    Passe un bon weekend, repose toi bien.
    Elise

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    1. Elise,
      Merci pour tes conseils ! Il m'arrive souvent de faire ce travail de remonter petit à petit à la source d'un problème. Bizarrement, j'en arrive souvent à la même 'origine"... C'est assez surprenant d'ailleurs.

      Je ne sais pas si le succès et le bonheur des autres m'atteignent de manière négative... Il faudrait que j'y réfléchisse...

      Merci encore ma belle.
      A bientôt ♥

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  7. Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas qu'elles sont difficiles (j'ai oublié l'auteur...). Si tu essayais l'écriture automatique ? On a fait ça en français l'année dernière. La prof nous a donné un top, et on a tous écrit sans réfléchir. Peut-être que ça pourrait te permettre de trouver les mots que tu cherches sur ta situation, pour l'expliquer et la raconter, sans la barrière de la peur, puisque le conscient n'aurait pas le temps de faire barrière à l'inconscient ?

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    1. Melgane,
      Je n'ai jamais essayé l'écriture automatique mais cela m'a toujours beaucoup intéressée. Je vais essayer, cela pourrait effectivement m'aider d'écrire sans trop réfléchir...

      Merci pour tes conseils,
      A bientôt ♥

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  8. Ça va passer. Je sais que comme ça fait longtemps, ça te paraît insurmontable et impossible qu'un jour TOI tu puisses kiffer ton hamburger pour reprendre ta métaphore. Je suis mal placée pour en parler, j'ai pas de solution miracle, je ne suis pas du genre à en parler donc je comprends que tu n'arrives pas à "sortir" et "officialiser" ton mal-être avec des mots parce que ça fait peur mais beaucoup de gens disent que ça aide énormément d'en parler... Enfin bref, tout ça pour te dire de ne pas oublier que c'est temporaire et d'avoir confiance en l'avenir et maintenant je laisse les autres t'écrire des commentaires qui pourront t'aider un peu plus.

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    1. Célia,
      Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris. J'ai souvent tendance à perdre espoir, à penser que les choses ne s'amélioreront jamais... mais je me trompe sûrement..
      J'oublie effectivement que cette période peut être temporaire..

      Merci beaucoup pour ton message ma belle. Il me fait tout autant plaisir que les autres.

      A bientôt ♥

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  9. Si j'ai une chose à te dire c'est que vraiment ça fait un bien fou d'en parler. Bien sur je ne peux pas prendre cette décision à ta place, je crois qu'il faut se pousser un peu mais que ça doit venir de nous. C'est peut être un peu hypocrite parce qu'on cache tous certaines choses, moi y compris, mais parler de son mal être quand c'est quelque chose qu'on a gardé au fond de soi pendant des années c'est vraiment un grand soulagement. Je peux t'assurer que quand tu y arriveras tu seras aussi surprise du soutien que tu recevras autour de toi !
    En tout cas si jamais tu as besoin de te confier, même si je ne te connais qu'à travers tes articles, sache que je suis là sur twitter, tumblr, mon blog peut importe. N'hésite pas et surtout courage ! ♥

    xx, Charlie
    http://charlieleschroniques.blogspot.com/

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    1. Charlie,
      Je pense également qu'en parler me ferait beaucoup de bien. Je me dis parfois que je porte ce poids depuis bien trop longtemps et que cela ne peut pas continuer comme ça indéfiniment...
      Parfois, j'aimerais bien en parler mais j'ai l'impression que ce n'est jamais le bon moment parce que je crois que personne ne se doute de rien...

      En tout cas je te remercie de tout coeur pour ton message. Tu es adorable...

      A bientôt ♥

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  10. Ma belle ,
    Je me reconnais totalement dans ton article. Il y a des moments où c'est plus ou moins fort,des moments où en s'en sort un minimum on se dit c'est bon c'est fini ça va aller et puis au final on retombe dedans. J'ai espoir qu'avec le temps cela s'estompe, j'ai espoir que c'est parce que nous ne sommes pas sorti totalement de l'adolescence et que nous émotions sont amplifiées. Mais est ce que cela part vraiment un jour ?
    Moi, je crois au contraire que tu devrais en parler je pense que ça t'aidera à aller de l'avant. Je ne comprend pas pourquoi c'est si dure pour toi d'en parler car c'est anonymement mais en même temps je ne sais pas ce que tu as besoin de dire exactement. Alors sache que si pour l'instant tu veux commencer par en parler à une personne sache que je t'écouterais et essayerais de t'aider du mieux que je peux. Ne perds pas espoir.

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    1. Coucou Marine.
      Je pense en effet que le problème peut venir du fait que je suis extrêmement sensible et que j'ai du mal à gérer mes émotions. Je ne suis pas certaine que cela s'estompe un jour, c'est sûrement un trait de caractère...
      Concernant ma difficulté à en parler, je pense que le fait de mettre des mots sur ce que je ressens rendrait les choses "réelles", trop réelles. Tant que je ne dis rien, je me dis que tout est dans ma tête...

      Je te remercie de tout coeur pour ton message qui me touche beaucoup.
      N'hésites pas à m'envoyer un mail si tu ressens également le besoin de parler...

      A bientôt ♥

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  11. C'est une très bonne métaphore, en effet. Le souvenir le plus fort que je garde des pires moments de ma dépression, c'est justement que je ne mangeais plus que de la nourriture fade puisque de toute façon je n'avais plus le goût de rien... je mangeais pour rassurer mes grand-parents et puis c'est tout.

    Je ne te connais pas, mais j'avais envie de te dire que j'ai lu ton article et que je comprends complètement ce que tu vis. J'espère que tu as accès à de l'aide, ne reste pas toute seule là-dedans!

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    1. Coucou.

      J'ai aussi ces périodes où je mange juste pour les autres mais où le goût ne m'attire plus tellement.
      Je te remercie de tout coeur pour ton message...
      Je vais faire de mon mieux pour essayer d'en parler...

      A bientôt ♥

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